La Cour de cassation confirme que les propos tenus par un homme politique lors du discours d'ouverture de la « Convention de la droite », au sujet de l'immigration et de la place de l'Islam en France, sont constitutifs de provocation à la haine et injures publiques envers un groupe de personnes, à savoir les immigrés musulmans venant d'Afrique, à raison de leur origine. Les termes employés, par leur sens et leur portée, contenaient un appel et une exhortation à la discrimination et ont dépassé les limites admissibles de la liberté d'expression au sens de l'article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme.
Un homme politique est cité à comparaître devant le tribunal correctionnel pour avoir, lors d'un discours prononcé dans une réunion publique, provoqué publiquement à la haine ou à la violence à l'égard de personnes à raison de leur origine, ethnie, nation, race ou religion. Il lui est reproché d'avoir tenu différents propos dénonçant l'impact négatif de l'immigration africaine. Cet homme politique est également cité pour avoir proféré dans les mêmes circonstances des injures ...
Cour de cassation, (ch. crim.), 16 septembre 2025, Éric Z.
Emmanuel DREYER
Professeur à l'Ecole de droit de la Sorbonne (Université Paris 1)
27 novembre 2025 - Légipresse N°441
3410 mots
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(1) Paris, 8 sept. 2021, n° 20/05847, Légipresse 2021. 461 et les obs. ; ibid. 2022. 188, étude E. Tordjman, O. Lévy et J. Sennelier.
(2) Crim. 21 févr. 2023, n° 21-86.068, Légipresse 2023. 142 et les obs. ; ibid. 227, étude T. Hochmann ; ibid. 2024. 190, obs. O. Lévy, E. Tordjman et J. Sennelier ; D. 2023. 397 ; ibid. 2024. 136, obs. E. Dreyer ; AJ pénal 2023. 144 et les obs. ; Dr. pénal 2023. Comm. 85, obs. P. Conte ; JCP 2023, n° 1, obs. T. Besse.
(3) Cela se déduit de la censure, mais la solution n'est pas expressément énoncée.
(4) Paris, 22 févr. 2024, n° 23/02568, Légipresse 2024. 147 et les obs. ; ibid. 2025. 180, obs. E. Tordjman, O. Lévy et J. Sennelier.
(5) Crim. 21 févr. 2023, n° 21-86.068, préc.
(6) Elle vérifiait ainsi que les propos n'ont pas été dénaturés.
(7) V. sur cette distinction, P. Guerder, Le contrôle de la Cour de cassation en matière de presse, Gaz. Pal. 1995. Doctr. 593.
(8) V. par ex., Crim. 16 janv. 2024, n° 22-87.475,Légipresse 2024. 14 et les obs. ; ibid. 174, comm. E. Derieux ; ibid. 2025. 180, obs. E. Tordjman, O. Lévy et J. Sennelier.
(9) T. Hochmann, Provocation à la haine : les immigrés, les musulmans, les immigrés musulmans, Légipresse 2023. 227.
(10) F. Sudre, L'interdiction de l'abus de droit de l'article 17 de la CEDH et les délits de presse, in N. Droin et J.-B. Walter (dir.), La réécriture de la loi sur la presse du 29 juillet 1881, une nécessité ?, LGDJ, 2016, p. 156.
(11) V. déjà, Crim. 11 déc. 2018, n° 18-80.525, Légipresse 2019. 13 et les obs. ; ibid. 219, obs. L. François ; Gaz. Pal. 12 fév. 2018, n° 6, p. 25, obs. P. Piot.
(12) Crainte régulièrement exprimée par la juridiction de Strasbourg lorsqu'une sanction est prononcée contre un individu ayant participé à un débat d'intérêt général, v. par ex., CEDH 16 mai 2024, n° 36681/23, Lutgen c/ Luxembourg, § 72, Légipresse 2024. 512, obs. C. Bigot.
(13) E. Dreyer, Droit de la communication, 2e éd., LexisNexis, 2022, p. 645, n° 1134.
(14) V. en ce sens, Crim. 2 sept. 2025, n° 24-82.963, JCP 2025. 1052, n° 5, obs. T. Besse.